Nucléaire civil, solaire, stockage : à Ouagadougou, le Burkina Faso trace son mix énergétique
À la Conférence Internationale sur le Développement du 3 juillet 2026, experts et autorités plaident pour un mix combinant nucléaire civil, solaire et stockage. L'ABEA cristallise la nouvelle ambition burkinabè.
Photo d'illustration · Source : Unsplash
OUAGADOUGOU, La Conférence Internationale sur le Développement, tenue le 3 juillet 2026 dans la capitale burkinabè, a mis en lumière un débat qui ne cesse de prendre de l'ampleur en Afrique de l'Ouest : quel mix énergétique pour un pays sahélien, sous pression climatique et sécuritaire, avec des besoins d'électrification qui explosent ?
Les experts réunis, aux côtés des autorités burkinabè, ont plaidé pour un scénario combinant trois piliers. Le nucléaire civil d'abord, pour disposer d'une base pilotable, décarbonée et de forte densité énergétique. Le solaire ensuite, aujourd'hui le plus compétitif à installer sur les tranches horaires diurnes. Le stockage enfin, indispensable pour lisser la variabilité renouvelable et sécuriser le réseau.
Le Burkina Faso a récemment franchi une étape institutionnelle en créant l'Agence Burkinabè de l'Énergie Atomique (ABEA), spécifiquement dédiée à la préparation des usages pacifiques du nucléaire civil. Une posture qui s'inscrit dans une tendance sous-régionale, où plusieurs États explorent la faisabilité de petits réacteurs modulaires (SMR) adaptés à des réseaux de taille intermédiaire.
Pour les partenaires, l'équation reste exigeante. Le nucléaire civil suppose un cadre réglementaire, un régulateur indépendant, une formation lourde de personnels et des accords internationaux (AIEA, garanties, retraitement) impossibles à improviser. Les intervenants ont insisté sur la nécessité d'une trajectoire longue, alignée sur les recommandations de l'AIEA.
À court terme, l'urgence reste néanmoins celle du solaire et du stockage. Le Burkina Faso, comme ses voisins de l'AES, doit consolider sa production, réduire sa dépendance aux importations d'électricité et sécuriser les zones minières et industrielles. Les investisseurs privés, notamment via des IPP solaires adossés à des batteries lithium, y voient un marché en accélération.
L'articulation entre l'agenda nucléaire de long terme et le déploiement massif du solaire à court terme est le vrai test de crédibilité. Elle décidera de la capacité du Burkina Faso à sortir, sur une décennie, du couple diesel-hydroélectricité limitée qui a longtemps structuré son offre électrique.
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