Cacao à 5 050 dollars la tonne : le marché sous tension climatique malgré un excédent structurel
Fin juin, les contrats à terme sur le cacao ont atteint un plus haut de cinq mois, portés par les rachats de shorts et les craintes liées au retour d'El Niño, alors que la campagne 2025-2026 reste excédentaire.
Photo d'illustration · Source : Unsplash
ABIDJAN, Les cours du cacao ont retrouvé la lumière. Fin juin 2026, les contrats à terme se négociaient autour de 5 050 dollars la tonne à New York, leur plus haut niveau depuis plus de cinq mois. Le rebond a pris de court les opérateurs qui pariaient sur une décrue progressive après une campagne 2025-2026 largement excédentaire au niveau mondial.
Deux moteurs expliquent cette remontée. D'abord, un mouvement massif de rachats de positions courtes de la part des fonds spéculatifs, qui avaient accumulé un short net important au premier trimestre. Ensuite et surtout, le retour confirmé d'un épisode El Niño, dont les modèles climatiques anticipent des effets sur les régimes de pluies en Afrique de l'Ouest à l'horizon fin 2026 - début 2027.
Pour les deux poids lourds mondiaux, Côte d'Ivoire et Ghana, la lecture est ambivalente. À court terme, la remontée des cours améliore les recettes d'exportation et sécurise le prix garanti aux planteurs. À moyen terme, les craintes de sécheresse et de recrudescence des maladies (swollen shoot, black pod) menacent la production 2026-2027, alors même que le vieillissement du verger reste un problème structurel non résolu.
Côté transformateurs, la volatilité fragilise les marges. Les broyeurs européens et asiatiques ont, en 2024-2025, absorbé des chocs de prix historiques. Une nouvelle envolée en 2026 réactiverait les débats sur la reformulation des produits, la substitution partielle du beurre de cacao et l'accélération des investissements dans la transformation locale africaine, longtemps réclamée par Abidjan et Accra.
À court terme, les analystes surveillent trois signaux : les données pluviométriques dans la boucle du cacao, les stocks certifiés à New York et Londres, et le positionnement des fonds sur les futurs. Un maintien au-dessus de 5 000 dollars la tonne installerait durablement le cacao comme la matière première agricole la plus stratégique du continent.

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