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Finance climatique

Côte d'Ivoire : 50 millions $ du Fonds vert pour le climat pour blinder l'agriculture face au dérèglement climatique

Le Conseil d'administration du Fonds vert pour le climat vient d'approuver le projet LARACI, doté de 50 millions de dollars. Objectif : sécuriser les cultures vivrières du Centre ivoirien face à la hausse des températures et aux pluies devenues imprévisibles.

La rédaction · ACTUFIN·5 juillet 2026 à 10:00· 6 min de lectureAnalyse
Côte d'Ivoire : 50 millions $ du Fonds vert pour le climat pour blinder l'agriculture face au dérèglement climatique

Photo d'illustration · Source : ACTUFIN

La Côte d'Ivoire enregistre une nouvelle avancée dans sa stratégie de financement climatique. Le Conseil d'administration du Fonds vert pour le climat (FVC) a approuvé le projet LARACI (FP304), Renforcement de la gestion durable des terres et des systèmes agroalimentaires résilients au changement climatique, pour un montant total de 50 millions de dollars US. Une enveloppe qui vient consolider une année déjà marquée par une intensification notable des flux de financements climatiques vers le pays.

Un financement à double étage. Le montage financier du projet illustre la logique désormais standard des grands projets climatiques multilatéraux : 40 millions de dollars proviennent d'une subvention directe du FVC, complétés par 10 millions de dollars de cofinancement, apportés conjointement par le gouvernement ivoirien et les partenaires du CGIAR (le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale). Le projet sera déployé sur cinq ans dans cinq régions du Centre du pays : le N'Zi, le Moronou, l'Iffou, La Mé et le Gbêkê.

Ce ciblage géographique n'est pas anodin. Ces régions concentrent une production vivrière essentielle à la sécurité alimentaire nationale, riz, manioc, igname, aujourd'hui directement exposée à la hausse des températures, à l'irrégularité des précipitations, aux inondations et à la prolifération de ravageurs liés au changement climatique. Autant de facteurs qui fragilisent des filières encore largement portées par une agriculture familiale peu équipée pour absorber ces chocs.

Une architecture pensée pour l'appropriation nationale. Le projet a été élaboré en collaboration étroite avec le ministère de l'Environnement et de la Transition écologique, et s'inscrit explicitement dans deux cadres stratégiques existants : le Plan national d'investissement pour une agriculture climato-intelligente et les Contributions déterminées au niveau national (CDN) de la Côte d'Ivoire en matière de lutte contre le changement climatique.

Cet ancrage institutionnel répond à une préoccupation récurrente des bailleurs climatiques multilatéraux : éviter que les financements internationaux ne restent des enveloppes hors-sol, déconnectées des priorités et des capacités de mise en œuvre nationales. Le FIRCA (Fonds Interprofessionnel pour la Recherche et le Conseil Agricoles), dont le directeur exécutif Oumar N'Diaye pilotera une partie de la mise en œuvre opérationnelle, doit justement permettre de déployer à grande échelle des solutions scientifiques adaptées aux réalités concrètes des producteurs ivoiriens.

Du côté du FVC, la lecture est similaire : selon la direction régionale Afrique du Fonds, cet investissement doit avant tout contribuer à lever les obstacles qui empêchent aujourd'hui les financements climatiques d'atteindre réellement les agriculteurs sur le terrain, tout en consolidant les chaînes de valeur agricoles et les institutions nationales chargées de les piloter.

Un maillon de plus dans la stratégie climatique ivoirienne. Ce financement de 50 millions de dollars ne constitue pas un cas isolé. Il s'inscrit dans une trajectoire engagée depuis plusieurs années par Abidjan pour se positionner comme un hub régional de la finance climatique : annonce à la COP29 de Bakou d'un fonds national de croissance verte de 500 millions de dollars, adossé à un partenariat avec la Banque africaine de développement, les Fonds d'investissement climatiques et la Banque nationale d'investissement ; décaissement antérieur de 189 millions de dollars du FVC au bénéfice de onze pays, dont la Côte d'Ivoire, pour soutenir une agriculture durable sans déforestation sur les filières cacao, huile de palme, soja et caoutchouc.

Cette accumulation de véhicules de financement climatique, fonds souverain vert, subventions sectorielles ciblées, partenariats multilatéraux, dessine une stratégie ivoirienne assumée : capter une part croissante des flux mondiaux de finance climat, estimés à plusieurs centaines de milliards de dollars par an, dans un contexte où la compétition entre pays africains pour ces ressources s'intensifie.

Ce qu'il faut en retenir pour les acteurs économiques : 50 millions $ (40 M$ subvention FVC + 10 M$ cofinancement) pour le projet LARACI, sur 5 ans, dans cinq régions du Centre ivoirien ; cultures ciblées : riz, manioc, igname, piliers de la sécurité alimentaire nationale ; portage institutionnel : ministère de l'Environnement et de la Transition écologique, FIRCA, partenaires CGIAR ; signal marché : la Côte d'Ivoire consolide sa position d'interlocuteur crédible des bailleurs climatiques multilatéraux, un facteur qui pèse de plus en plus dans l'évaluation du risque-pays par les investisseurs et agences de notation ; point de vigilance : la capacité de décaissement effectif et de suivi d'impact sur le terrain reste, comme pour la plupart des grands projets climatiques multilatéraux, le véritable test de la réussite de LARACI dans les prochaines années.

Catégorie · Finance climatiqueAfrique de l'Ouest · Côte d'Ivoire

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