À Douala, la Diamond Capital Convention veut devenir le rendez-vous qui manquait au marché financier de la CEMAC
Du 23 au 25 septembre, la première Diamond Capital Convention, portée par la société de bourse Almasi Capital & Advisory, cherche à doter l'Afrique centrale de l'infrastructure de dialogue qui, selon ses organisateurs, fait encore défaut à son marché financier — quelques mois après le triplement de la capitalisation de la BVMAC par la cotation de BGFI Holding.

Photo d'illustration · Source : Diamond Capital Convention · Douala
DOUALA. Du 23 au 25 septembre 2026, l'hôtel Best Western de Douala accueille la première édition de la Diamond Capital Convention (DCC), une plateforme de dialogue entièrement dédiée au marché financier d'Afrique centrale. Portée par la jeune société de bourse camerounaise Almasi Capital & Advisory (ALCA), l'initiative arrive à un moment charnière pour la région : quelques mois seulement après que la cotation de BGFI Holding a triplé la capitalisation boursière de la BVMAC, la place financière camerounaise multiplie les signaux de réveil, encore fragiles mais désormais tangibles.
La première édition en chiffres
3
Journées de convention à Douala
10 M FCFA
Prix unique du Diamond Next Gen Challenge
15+
Exposants : bourses, banques, assureurs, fintechs
2024
Création et agrément COSUMAF d'ALCA
Une convention née d'une société de bourse elle-même très jeune
L'histoire de la DCC ne peut se comprendre sans celle de son organisateur. Almasi Capital & Advisory a été fondée en 2024 par un trio de jeunes professionnels — un actuaire, un expert-comptable et un ingénieur financier — avant d'obtenir son agrément de la Commission de Surveillance du Marché Financier de l'Afrique Centrale (COSUMAF) en octobre de la même année, sous la référence COSUMAF-SDB-01/2024.
Dirigée par Ingrid Obouh Fegue, la société de bourse basée à Douala-Bonapriso affiche une ambition qui déborde largement le seul Cameroun : devenir, selon ses propres mots, le champion de l'inclusion financière en Afrique centrale. La création d'un événement de cette envergure, à peine deux ans après l'obtention de son propre agrément, traduit une stratégie assumée : plutôt que d'attendre que la profondeur du marché régional s'améliore d'elle-même, ALCA choisit de bâtir elle-même l'infrastructure de dialogue qui, selon elle, fait aujourd'hui défaut à l'écosystème financier de la CEMAC.
« Plutôt que d'attendre que la profondeur du marché s'améliore d'elle-même, le secteur privé choisit de bâtir lui-même l'infrastructure de dialogue qui fait défaut à l'écosystème financier de la CEMAC. »
Un programme structuré en trois temps
Le thème retenu pour cette première édition — « Développement, Innovation et Inclusion : les leviers d'un Marché Financier CEMAC plus profond, moderne et accessible » — se décline sur trois journées aux logiques bien distinctes. La première journée, consacrée à la « Vision, réalités et accélération CEMAC », réunit panels de haut niveau et interventions institutionnelles autour des tendances régionales.
La seconde journée bascule vers l'opérationnel, avec des sessions consacrées au capital, à la dette, à la technologie et à la croissance des entreprises, incluant des études de cas, des présentations de projets et des sessions de mise en relation B2B directement orientées vers la conclusion d'accords. La troisième journée, enfin, se concentre sur la régulation, la confiance et la transformation durable, avec des dialogues directs entre acteurs du marché et régulateurs sur les réformes et le cadre juridique — un format de « questions au régulateur » rarement proposé sous une forme aussi frontale dans la région.
ACTUFIN DATA · Les trois journées de la Diamond Capital Convention
| Journée | Angle dominant | Format |
|---|---|---|
| J1 · 23 septembre | « Vision, réalités et accélération CEMAC » | Panels de haut niveau et interventions institutionnelles sur les tendances régionales |
| J2 · 24 septembre | Opérationnel : capital, dette, technologie, croissance | Études de cas, présentations de projets, mises en relation B2B orientées conclusion d'accords |
| J3 · 25 septembre | Régulation, confiance, transformation durable | Dialogues directs acteurs du marché–régulateurs sur les réformes et le cadre juridique |
Le Diamond Next Gen Challenge, ou la course à l'innovation financière
Point notable de cette première édition : le Diamond Next Gen Challenge, une compétition destinée aux porteurs de solutions innovantes pour la finance d'Afrique centrale, dont le dépôt des dossiers était clos le 10 septembre 2026. Trois finalistes doivent s'affronter pour un prix unique de 10 millions de FCFA, dans un format de pitch qui rappelle les concours de start-ups désormais courants dans l'écosystème fintech ouest-africain, mais qui reste une première de cette ampleur côté CEMAC.
Ce choix éditorial n'est pas anodin : il positionne la DCC non pas seulement comme un forum de discussion entre acteurs établis, mais comme un outil de détection et de financement de la nouvelle génération d'entrepreneurs financiers de la sous-région.
La BVMAC elle-même partie prenante de l'événement
Signe de la volonté d'ancrage institutionnel de la convention, la Bourse des Valeurs Mobilières de l'Afrique Centrale (BVMAC) figure elle-même parmi les structures présentes avec un stand dédié, aux côtés d'une quinzaine d'autres acteurs — sociétés de bourse, banques, assureurs et fintechs de la région, dont AGB, Yata, Enko ou EDC.
Cette présence institutionnelle directe de la bourse régionale confirme que la DCC ne se positionne pas en concurrente des instances existantes, mais comme un espace complémentaire de visibilité et de mise en réseau pour un écosystème financier qui, comme ACTUFIN l'a déjà documenté, reste structurellement plus étroit et moins liquide que son homologue ouest-africain de la BRVM.
Deux marchés financiers africains, deux trajectoires
| Critère | BVMAC (Afrique centrale) | BRVM (Afrique de l'Ouest) |
|---|---|---|
| Périmètre | 6 États de la CEMAC | 8 États de l'UEMOA |
| Signal récent | La cotation de BGFI Holding a triplé la capitalisation boursière | Marché obligataire souverain et corporate à forte rotation annuelle |
| Liquidité | Structurellement étroite, en phase de réveil | Plus profonde, mais concentrée sur quelques valeurs |
| Écosystème d'appui | En construction : sociétés de bourse récentes comme ALCA | Réseau établi de sociétés de gestion, SGI et introducteurs |
| Dialogue marché | La DCC de Douala ambitionne d'en devenir le rendez-vous annuel | Rendez-vous institutionnels et salons spécialisés déjà installés |
Ce que cet événement dit de la trajectoire de la CEMAC
Au-delà du seul programme, l'existence même de la Diamond Capital Convention constitue un indicateur utile pour les observateurs du marché financier centrafricain : elle traduit une prise de conscience, portée cette fois par le secteur privé lui-même plutôt que par les seuls régulateurs, de l'urgence à structurer un dialogue permanent entre capitaux, projets et décideurs.
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